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Cartier Santos, de l’excentrique à l’iconique

Au début du 20ème siècle, l’aviateur Alberto Santos-Dumont a besoin d’une montre adaptée à ses exploits aériens. Pour lui, Louis Cartier crée une montre alors très originale : elle s’attache au poignet.

par  Yannick Nardin

La montre-bracelet ? Une « mode excentrique ! » jugent certains horlogers au tournant des 19ème et 20ème siècles. Cette nouvelle manière de porter une montre – alors que les montres de poche sont d’usage – représente un bouleversement et vient « désavouer des siècles de tradition » (« La Conquête du Temps », D. Fléchon et F. Cologni). D’autres horlogers croient en l’avenir de la montre-bracelet, mieux adaptée aux activités contemporaines. Louis Cartier est de ceux-là. Dès 1888, les livres de comptes de la marque mentionnent de premières montres du genre. En 1904, Louis Cartier crée un modèle sur bracelet pour l’aviateur brésilien Alberto Santos-Dumont.

Intrépide homme des airs

Inventeur de 22 machines volantes, Alberto Santos-Dumont défie régulièrement les limites du possible en matière de conquête du ciel. Pilote accompli, il est le premier à posséder les trois brevets existants à l’époque : ballon, dirigeable et aéroplane. En 1901, il est le premier à survoler Paris autour de la Tour Eiffel. Puis, le 12 novembre 1906, à bord d’un biplan à moteur, le 14 Bis (successeur du défunt 14), Santos-Dumont franchit en vol une distance de 220 mètres en 21 secondes. Il s’agit des trois premiers records officiels du monde de vol d’un engin « plus-lourd-que-l’air », à deux mètres de hauteur, pour 41,3 km/heure ! Les fonctions telles que le calcul de la longitude grâce à l’angle horaire et donc de la position n’interviendront que dans les années 1920 pour accompagner de plus longs – et plus hauts ! – vols. Aux balbutiements de l’aviation, l’aspect purement pratique de la mesure du temps dicte les besoins d’Alberto Santos-Dumont. Pour l’heure, il veut pouvoir chronométrer ses performances sans lâcher les commandes de son engin – et donc sans avoir à sortir un oignon de sa poche. Après que l’aviateur ait évoqué ce besoin en 1901, son ami Louis Cartier, conçoit pour lui une montre sur bracelet, en 1904.

Date de création

1847

Statut de la société

Société anonyme du groupe Richemont

Direction

Cyrille Vigneron, CEO et Président Cartier International

Nombre de collaborateurs

7’000

Collections phare

Ballon Bleu, Santos, Tank

Best-seller

Ballon Bleu de Cartier

Prix de vente publics

À partir de CHF 2’300.-

Production annuelle

Non communiquée

Site Internet

www.cartier.ch

Naissance de la Santos

Cinq ans plus tard, Cartier baptise le modèle Santos en hommage à l’aviateur, puis le commercialise en 1911. La marque l’équipe d’un bracelet de cuir, peu courant. Attachée au poignet, la montre se voit davantage que dans la poche et fait l’objet d’une recherche formelle. Les lignes de la Santos préfigurent le style Art déco, courant en horlogerie quelques années plus tard. Cartier conçoit la forme géométrique et les traits droits du modèle comme une métaphore des quatre coins de la Tour Eiffel vue d’en haut, en l’honneur de l’exploit d’Alberto Santos-Dumont. La lunette affiche les vis de fixation, habituellement cachées, et ses quatre angles sont arrondis. Les cornes se poursuivent vers le bracelet.

Cartier réédite la collection Santos en 1978, caractérisée par une combinaison insolite d’or jaune – matériau précieux – et d’acier, jusque-là peu estimé car considéré comme plus trivial. Depuis, la ligne s’enrichit de différentes déclinaisons, masculines autant que féminines. Aujourd’hui, plus d’un siècle après sa naissance, l’histoire de la Santos se poursuit autour de trois sous-collections : Santos-Dumont, Santos 100 et Santos Demoiselle. En 2018, Cartier lance une version revisitée. Dans le respect des codes identitaires d’origine, la lunette présente un dessin encore plus élancé des cornes vers les attaches du bracelet. Ainsi, la marque réaffirme le bracelet comme une composante déterminante de l’histoire du modèle (première montre moderne destinée au poignet) – en forme de clin d’œil aux origines de cette « excentrique » compagne, attachée au poignet d’Alberto Santos-Dumont lors de ses aventures aériennes.

Mécanisme invisible QuickSwitch et mise à taille du bracelet métal grâce au système breveté SmartLink.

Deux brevets pour un bracelet

Au début du 20ème siècle, le bracelet de la montre Santos de Cartier s’adapte déjà aux nouveaux modes de vie de l’époque. En 2018, son bracelet évolue une nouvelle fois en réponse aux besoins et à la versatilité actuels. Le système breveté QuickSwitch permet de changer aisément de bracelet. Situé sous le bracelet, e mécanisme discret, s’active par une simple pression du doigt. Bracelets d’acier, d’or, de cuir de veau ou encore d’alligator : une multitude de combinaisons devient possible. Autre innovation, le système SmartLink, également breveté par Cartier, facilite l’ajout ou la suppression des maillons de métal pour s’ajuster aux différentes tailles de poignet. Un bouton-poussoir sur chaque maillon permet de libérer la barrette de fixation, sans aucun outil. Le changement devient ainsi aisé et la montre d’autant plus adaptable et durable.