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Jaquet Droz, l’heure enchantée

Montres à automates, décors de bel artisanat, cadrans aux géométries inédites, Jaquet Droz réinterprète son patrimoine de 280 ans dans des pièces enchanteresses.

par Hervé Genoud

« Some watches tell time, some tell a story. » Il y a des montres qui donnent l’heure. Et d’autres qui racontent une histoire. Le slogan semble bien choisi pour une marque qui fête en 2018 son 280ème anniversaire. C’est en 1738, en effet, que Pierre Jaquet-Droz, resté dans les annales comme l’un des plus grands horlogers du 18ème siècle, ouvre un atelier à La Chaux-de-Fonds et se lance dans la fabrication de divers types de garde-temps, notamment des pendules de parquet. Cet esprit ingénieux s’attache également à développer des automates mécaniques. En vrai fils des Lumières, il s’efforce de copier le vivant en créant des « androïdes », dont les trois plus célèbres, l’Écrivain, le Dessinateur et la Musicienne (aujourd’hui visibles au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel) sont envoyés en tournée dans les cours royales d’Europe. La maison fondée par Pierre Jaquet-Droz, rejoint entre-temps par son fils Henri-Louis et par Jean-Frédéric Leschot, ouvre une succursale à Londres, d’où elle part à la conquête de l’Orient. Elle se fait très vite connaître par ses produits de luxe exportés jusqu’en Inde, au Japon et en Chine (notamment au sein de la Cité interdite) – montres-bijoux avec mécanismes miniaturisés, pendules à automates, oiseaux chanteurs, montres de poche faisant appel à toutes les techniques de décoration les plus sophistiquées.

Un modèle emblématique

Rachetée en 2000 par le Swatch Group, dirigée aujourd’hui par Christian Lattmann et installée dans un bâtiment ultramoderne aux portes de La Chaux-de-Fonds, Jaquet Droz a fait un retour remarqué dans l’horlogerie haut de gamme grâce à ses montres-bracelets mécaniques au design très typé – dont la collection phare Grande Seconde. Inspirée d’une montre de poche créée en 1784 par Pierre Jaquet-Droz, cette ligne emblématique se distingue par la composition inédite de ses cadrans, avec un petit cadran heures/minutes à 12h marié à un sous-cadran de taille supérieure pour les secondes à 6h – les deux cercles entrecroisés formant un « 8 », symbole de l’infini et de l’éternité, et chiffre fétiche de la marque. Cette géométrie à la fois épurée et très reconnaissable a déjà donné lieu à de multiples réinterprétations, qu’il s’agisse de l’esthétique des cadrans (émail Grand Feu, céramique, Côtes de Genève, aventurine, météorite, etc.) ou de l’alliance avec d’autres complications aux affichages revisités (phases de Lune, quantième à aiguille, seconde morte, double fuseau horaire, tourbillon, répétition minutes, etc.).

Date de création

1738

Statut de la société

Société anonyme du Swatch Group

Direction

Marc Hayek (Président)

Christian Lattmann (CEO),

Nombre de collaborateurs

Plus de 100

Collections phare

Grande Seconde, Automates, Ateliers d’Art

Best-seller

Non communiqué

Prix de vente publics

De CHF 8’650.- à 1’080’000.-

Production annuelle

Non communiqué

Site Internet

www.jaquet-droz.com

Poésie mécanique

Jaquet Droz perpétue deux autres de ses traditions, celle des automates et celle des montres richement ornées, dans le cadre de la collection Ateliers d’Art. Ces séries limitées pour la plupart à 8 ou 28 exemplaires mettent à l’honneur une vaste palette de savoir-faire ancestraux (émail Grand Feu, émail cloisonné, émail paillonné, peinture miniature, gravure, sculpture en relief, etc.), dans des motifs généralement inspirés, comme au 18ème siècle, par le spectacle de la nature – fleurs, oiseaux, animaux, etc. Quant à la tradition des automates, elle se poursuit en version miniaturisée dans des montres de poche ou des montres-bracelets aux décors 3D animés spectaculaires.

À l’instar de la Tropical Bird Repeater, dont le colibri bat des ailes 40 fois par seconde, ou encore la Loving Butterfly Automaton, sur laquelle un papillon voletant tire un chérubin perché sur un minuscule char – une allégorie de l’amour inspirée d’un androïde du 18ème siècle. Une autre manière de ne pas se contenter de dire l’heure, mais de raconter une histoire.

Grande Seconde Skelet-One en or rouge 18 ct avec cadran en saphir et mouvement squelette.

La première Grande Seconde squelette

Essence de son art horloger, Jaquet Droz a maintes fois varié la composition du cadran de sa Grande Seconde mais ne l’avait encore jamais proposé en version squelette. C’est chose faite en 2018 avec le lancement de la Grande Seconde Skelet-One, présentée à l’occasion du 280ème anniversaire de la maison. Dans cette réinterprétation de son modèle star, Jaquet Droz a laissé pénétrer la lumière jusqu’au cœur de la mécanique horlogère grâce à la présence d’un cadran saphir et d’un mouvement entièrement ajouré. Les ponts, la platine et la masse oscillante réduits à l’essentiel permettent d’admirer le calibre à remontage automatique 2663 SQ assemblé à la main, avec son double barillet garantissant une réserve de marche de 68 heures ainsi que son spiral et ses cornes d’ancre en silicium. Dotée d’un diamètre de 41 mm, la Grande Seconde Skelet-One est proposée en trois versions : or rouge, or gris et céramique.