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Ressence, la haute horlogerie réinventée

Ressence trace un sillon durable dans la terre horlogère du 21ème siècle. Il allie innovation, intuition et design. Marché, détaillants et clients suivent. Une marque à part, un vent nouveau.

par Michel Jeannot

L’évidence n’est pas la même pour tout le monde. Pour certains, l’exercice le plus évident consiste à offrir l’heure de manière conventionnelle, précisément parce que ce type de lecture (à deux ou trois aiguilles centrales) s’est imposé depuis 250 ans. C’est une démarche aussi pertinente qu’efficace. Il y a toutefois un problème, tout aussi évident, à se prétendre d’une horlogerie nouvelle… lorsque l’on n’offre rien de nouveau. N’appartient pas à la nouvelle vague qui veut.

Des vagues, Benoît Mintiens n’en fait pas. L’homme a créé Ressence en 2010. Il est jeune, belge et designer industriel : rien ne pouvait plus l’éloigner du sérail horloger, de ses clichés d’horlogers voutés à l’établi devant un panorama enneigé. C’est précisément grâce à ce recul que Benoît Mintiens a pu réussir là où tant d’autres ont échoué : proposer une rupture qui reste intuitive, un concept qui devient marque, un produit qui devient collections. Avec, au final, une cohérence esthétique et technique qui a fini par s’ancrer dans l’inconscient d’amateurs éclairés.

Date de création

2010

Statut de la société

Société indépendante

Direction

Benoît Mintiens

Nombre de collaborateurs

Non communiqué

Collections phare

Type 1, Type 12, Type 3, Type 5

Best-seller

Type 3B

Prix de vente publics

De CHF 17’500 à CHF 37’500

Production annuelle

300

Site internet

www.ressencewatches.com

Silence, ça tourne

Le principe de base de Ressence n’est pourtant pas si éloigné des canons horlogers : des cadrans, des compteurs, une rotation et des aiguilles. Reste un détail : les aiguilles ne sont pas des aiguilles ordinaires ; ce sont les cadrans qui les portent. Chez Ressence, tout est mouvement. Il n’y a plus de cadran fixe et d’aiguilles mobiles : tout tourne. À l’image du mouvement des astres.

Avec ce concept de mobilité perpétuelle, la marque a su innover et séduire public et détaillants qui, tout simplement, n’attendaient (plus) rien de tel. La nouvelle expérience du temps selon Ressence – plus intuitive, plus fonctionnelle, plus ludique, plus pure – a vu juste.

Le cap fut fermement maintenu par Benoît Mintiens durant les quatre années suivantes. Son affichage original et unique s’est imposé comme une marque de fabrique. Le designer s’est abstenu d’un travers fatal aux jeunes pousses, celui de s’éparpiller : Ressence a patiemment décliné ses gammes avec une facilité désarmante. Type 1, 3 et 5 se sont enchainés, enfonçant le clou d’une horlogerie qui ne lâchait rien de sa singularité. Dans tous les cas, les pièces se distinguent par un boîtier aux courbes douces dont le design s’exempt de couronne. Chez Ressence, réglages et remontages se font par le fond, par une bague qui se tourne dans les deux sens. La pièce est ensuite animée par le ROCS, Ressence Orbital Convex System. Conçue et développée en interne, cette complication est composée de roues dentées et de disques de différentes tailles, incurvés afin d’épouser la courbure du verre qui les recouvrent.

Marque d’avenir

Ses fondamentaux bien établis, la marque a poursuivi dans une dynamique cohérente en dévoilant un audacieux boîtier coussin (modèles Type 12) inspiré de la tradition horlogère, mais réinterprété. Sûre de son fait, soutenue par ses clients et quelques détaillants « early adopters », Ressence a posé autant de jalons que de brevets (six innovations), allant même jusqu’à noyer son cadran dans l’huile. Là où l’horloger aurait défailli, Benoît Mintiens a souri : il n’y a pas meilleur loupe qu’un liquide aqueux. Dit plus simplement : plutôt que de travailler sur des verres anti-reflets, mieux vaut supprimer les reflets. On s’en doute, l’horlogerie du 21ème siècle ne sera assurément plus celle des siècles passés. En ce sens, Ressence est une marque d’avenir ; et fait incontestablement souffler un vent neuf et bienvenu sur la haute horlogerie.

Ressence
Type 5B, en titane grade 5 et cadran convexe effet « goutte d’eau ».

Reconnaissance multiple

Il y eut un signe avant-coureur de la pertinence de Ressence. Le Grand Prix de l’Horlogerie de Genève (GPHG) a consacré la marque « Révélation Horlogère » en 2013. Ce n’était qu’un début. Ce fut ensuite le Design Star aux Watchtstars Awards 2015. L’année suivante, Ressence fut reconnue par la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH) comme partie intégrante du périmètre des marques de haute horlogerie. Et, depuis 2017, la marque est conviée à exposer au Salon International de la Haute Horlogerie (SIHH) de Genève. De fait, la marque d’Anvers (Belgique) a bien pris ses quartiers genevois aux côtés d’Audemars Piguet, Cartier ou Jaeger-LeCoultre. À ces prestigieuses maisons qui ont patiemment construit leur patrimoine, Benoît Mintiens oppose une nouvelle vision de la lecture du temps. Assurément innovante, et qui participe à la même exigence première du produit – la lisibilité – mais à une nouvelle expérience pour l’utilisateur, ludique et agréable.

By | 2017-12-05T10:50:18+00:00 novembre 22nd, 2017|