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Richard Mille : honneur aux dames

Après avoir tracé sa voie dans l’univers masculin, Richard Mille lance la RM 71-01 Tourbillon Automatique Talisman, une collection féminine aux frontières de la haute joaillerie, et agrandit sa famille de sportives d’élite.

par Christophe Roulet

Qui dit Richard Mille suscite immanquablement des relents de V12 et la vision d’une montre à la mécanique architecturée comme un bloc-moteur, « enrobée » de matériaux futuristes. Une montre virile en somme, taillée pour les poignets des intrépides. C’est d’ailleurs en leur compagnie que la maison a forgé son succès avec des « instruments » horlogers poids plume mais capables de résister à tout. Un seul exemple : la RM 53-01 Tourbillon Pablo Mac Donough, conçue pour le polo, équipée d’un verre saphir feuilleté aussi résistant qu’un pare-brise automobile et dotée d’un mouvement à tourbillon suspendu par câble dans sa boîte en Carbone TPT®. Du jamais vu ! Cette profusion d’innovations aurait pu circonscrire la marque dans un univers d’exploits mâtinés de testostérone. Il n’en est rien, à en juger par la clientèle féminine de Richard Mille, qui représente aujourd’hui un quart de ses ventes.

« Il nous a fallu atténuer l’image technico-macho que nous avions à nos débuts », confiait récemment Richard Mille, fondateur de la marque en 2001, au magazine « The Good Life » : Il poursuit, aussi laconique et implacable que Jules César : « Nous avons créé des collections femmes. Nous les avons fait connaître. Elles se sont imposées. » Pour aider à cette notoriété, la maison n’a d’ailleurs pas hésité à s’entourer de stars du grand écran comme Natalie Portman, Michelle Yeoh ou Margot Robbie, avec autant de collections dédiées à la clé. La démarche ne s’arrête toutefois pas là. Après avoir présenté un premier modèle femme en 2005 avec la RM 007, la maison franchit une étape essentielle avec sa récente collection Talisman, démontrant une sensibilité pour des pièces à la croisée de l’horlogerie de pointe et de la haute joaillerie. Les montres Talisman ont en effet été conçues pour mettre en valeur les métiers d’art et le sertissage, avec pour écrin le premier tourbillon automatique entièrement réalisé en interne. Celui-ci est proposé en version squelette, conformément à l’esprit mécanique qui anime Richard Mille depuis ses débuts.

Date de création

2001

Statut de la société

Société indépendante

Direction

Richard Mille, Président

Dominique Guenat, Coprésident

Nombre de collaborateurs

Environ 150

Collections phare

Les 70 modèles créés par Richard Mille

Best-sellers

RM 11-03, RM 07-01

Prix de vente publics

De CHF 62’500.-  à 2’025’000.-

Production annuelle

Environ 4’600 pièces

Site Internet

www.richardmille.com

Impulsion féminine

Issue du monde de la joaillerie, c’est la Directrice des collections femmes Cécile Guenat, fille de Dominique Guenat, ami et associé de Richard Mille, qui a été sollicitée il y a trois ans pour donner un nouvel élan aux collections féminines de Richard Mille. « Mon travail est le fruit d’influences très différentes, explique-t-elle. Quand je dessinais cette collection, je me suis beaucoup inspirée de l’Art déco et des Arts premiers, masques et sculptures africaines notamment, qui ont eu un impact extrêmement important sur la plupart des grands artistes modernes et contemporains. Leur géométrie, leur caractère sacré me fascinent d’autant plus qu’ils ont anticipé le design d’aujourd’hui à travers la fusion du fond et de la forme ». Des premiers dessins, impossibles à prioriser, est venue l’idée d’une véritable collection, soit dix boîtiers différents par leurs variations de sertissage et de gravures, assortis à dix cadrans, dont émergent deux univers, l’un végétal et l’autre plus urbain.

Fidèle à son attachement au monde du sport, Richard Mille s’en est également inspiré pour s’associer à de nouvelles partenaires féminines dans cet univers. Dans un premier temps, ce sont les golfeuses italienne et américaine Diana Luna et Cristie Kerr qui sont venues enrichir la grande famille Richard Mille. La cavalière allemande Jessica von Bredow-Werndl devait bientôt les rejoindre avant que Nafi Thiam, championne belge d’heptathlon, et Yuliya Levchenko, spécialiste ukrainienne de saut en hauteur, ne viennent aussi tisser de nouveaux liens entre la marque et les athlètes féminines. Sans compter Aurora Straus, l’unique coureuse automobile professionnelle aux États-Unis. On ne saurait en effet oublier que là où Richard Mille est, se trouve immanquablement une machine vrombissante à proximité. Dans ce sens, la maison n’a pas tardé à se positionner aux côtés du Rallye des Princesses, une compétition de bolides « classiques » sur les routes de France, où la performance cède à l’élégance et au charme des équipages exclusivement féminins.

La championne de golf italienne Diana Luna, lors du Lacoste Ladies Open, dont Richard Mille est également partenaire.

Horlogerie en swing majeur

Lors des compétitions de golf, il n’y a rien à chronométrer. De plus, les joueurs ne portent généralement pas de montres mécaniques en raison des swings qui malmènent gravement les mécaniques horlogères. Autant de « bonnes » raisons qui ont poussé Richard Mille à s’intéresser à ce sport. Non seulement parce que la maison est la seule à développer des garde-temps taillés pour les greens, mais également parce que ce sport véhicule des valeurs de précision, de fair-play et de technique pure. On retrouve ainsi Richard Mille aux côtés des joueuses professionnelles Diana Luna et Cristie Kerr qui se sont notamment illustrées au Lacoste Ladies Open de France, un tournoi pour lequel Richard Mille tient le rôle de « partenaire majeur ». Pour l’édition 2018, cet Open national déménageait au Golf du Médoc Resort en Gironde avec un champ élargi à 108 joueuses et une dotation augmentée à 275’000 euros, grâce au soutien de ses deux principaux sponsors. Richard Mille sera de la partie au moins jusqu’en 2021.